Ce que je m’apprête à vous partager dans cet article murit en moi depuis des années . des années de « déni » et de silence sur une réalité que même la société toute entière ne veut pas voir.
Je veux vous parler de l’incestuel.
Certains parlent d’inceste non agi, d’autre d’inceste moral. Moi je parle d’inceste platonique ou d’inceste qui détruit sans contact physique.
Dans cette vidéo interview, je vous raconte des extraits de mon vécu, que j’ai gardé secret durant toute ma vie …
Même ma famille n’est pas au courant de tout.
Avant de vous faire voir la vidéo, je tiens à préciser deux choses importantes :
– malgré la gravité de l’impact que cela a eu dans ma vie, je pardonne à mes parents .. je pardonne aussi à mon grand-père incestueux
– je parle aujourd’hui parce que je prends maintenant conscience du lien entre mes troubles et ce vécu : dépression, phobie sociale et angoisses (jusqu’en 2000), TCA et sous poids (durant 30 ans), et sclérose en plaques.
Place à l’interview !
Transcription texte de la vidéo
Voici la transcription texte de l’interview
Gico : Bonjour et bienvenue sur histoire et révélation. Aujourd’hui je reçois Chrystèle Bourély pour un témoignage d’une puissance rare. Elle a décidé de libérer une parole encore trop souvent étouffée, celui du climat incestuel. Chrystèle lance le « metoo incestuel », dans la lignée du « metoo inceste », pour nommer ce qui ne se voit pas toujours, ce qui ne se dit pas, mais qui laisse des traces profondes dans la vie des enfants devenus adultes. Ces regards, ces paroles, ces silences lourds, ces gestes à la limite, ce climat familial où le désir flotte là où il ne devrait jamais exister. À travers son histoire, elle raconte non seulement ce qu’elle a vécu, mais aussi ce qu’elle a compris du silence des mères, des regards des pères, des douleurs du corps jusqu’à la sclérose en plaques qu’elle relie à ces traumatismes d’enfance. Avec elle, on va parler de l’inceste, bien sûr, mais surtout de l’incestuel, ce mot encore peu connu mais si important. On va aussi parler de honte, de courage, d’anorexie, de maladie, de résilience et de son projet de son livre, « l’incestuel fait enfin du bruit ».
Chrystèle, merci d’être là et d’oser de parler.
Chrystèle : Gico je te remercie pour me laisser l’opportunité de pouvoir parler de l’incestuel, qui doit maintenant, à l’ère où on est, se faire entendre, parce que pour moi l’incestuel c’est finalement tout ce climat de non-dit, de déni et qui laisse la victime, souvent d’inceste d’ailleurs, ou même s’il n’y a pas eu inceste, du moins l’inceste plane dans ce climat incestuel. Je pense qu’il y a peut-être beaucoup de personnes qui vivent dans un climat incestuel sans pouvoir le nommer. Et je pense que c’est important, et c’est pourquoi je prends la parole aujourd’hui, de mieux faire connaître l’incestuel.
Il faut savoir que j’ai cinquante-six ans. Je suis sortie de l’amnésie traumatique de l’incestuel que depuis peu de temps. Il a fallu vraiment que je frôle la mort de très près pour réaliser que tous les symptômes dont je souffrais, que j’avais exprimé, étaient finalement ce que j’appelle maintenant « une santé traumatique », c’est-à-dire qu’en fait tout était à relier avec les traumatismes que j’ai pu vivre.
Alors, il y a eu pour moi l’inceste de la part de mon grand-père, mais il y a eu aussi, et surtout, je dirais, ce climat incestuel. Et c’est long avant de pouvoir mettre des mots sur nos MAUX j’ai envie de dire et j’ai eu comme différents symptômes de ce mal-être, finalement parce que on va avoir l’occasion justement de discuter ensemble sur ce qu’est l’incestuel.
Cela laisse la victime d’inceste totalement seule face à ce qu’elle peut ressentir. Et ce climat d’incestuel est pour moi ce que j’appelle « le lit de l’inceste », parce que je ne suis pas la seule à le dire quand on peut reconnaître le climat d’incestuel on sait que l’inceste n’est pas loin. Soit il a déjà été là dans les générations passées, soit il est peut-être même présent, soit il va arriver dans les générations futures si jamais on ne coupe pas ce lien.
C’est tout nouveau pour moi mais j’ai décidé, et j’expliquerai plus tard comment cela m’est venu.
Je propose de lancer, après le mouvement « Metoo inceste », le « Metoo incestuel ». J’’y mets tout ce climat de déni, enfin de banalisation de ce que peut vivre la victime. Je crois qu’il est temps en 2025 de pousser les victimes à parler, parce que pour moi la parole est une force. Et quand on voit l’impunité qui rôde autour de nous. Jusqu’à présent ce sont les pédocriminels qui ont le pouvoir. Je pense qu’il est temps que les victimes se fassent entendre et prennent le pouvoir !
Quand j’ai discuté il n’y pas longtemps avec une personne de l’APF, je lui disais : j’ai envie de « faire péter le déni », c’est-à-dire en fait vraiment de mettre comme un caillou dans une mare et ça fera des ricochets. Je ne sais pas encore ce que ça va donner mais vraiment il est temps que cette colère finalement qu’on a en nous et c’est légitime, on la transforme en action. Je pense que je ne suis pas la seule victime d’incestuel et beaucoup de personnes sont encore victimes parce que victimes dans le sens où elles ont des maux, il serait temps que ça passe en mots. Je pense qu’elles sont peut-être parmi celles qui nous écoutent, qui nous regardent, elles vont peut-être se reconnaître dans ce qu’on va dire et moi c’est ce qui m’est arrivé aussi, mais bon on en rediscutera.
Gico : Mais on va voir que tout au long de ton parcours que tu as fait le lien entre trauma et ta sclérose en plaques. Tu as vraiment fait le lien, le rapprochement, avec ces traumas. Tu as pu mettre des mots derrière et expliquer clairement. Justement, quels sont tes projets pour l’avenir ? Est-ce que tu peux te présenter Chrystèle ? Est-ce que tu peux nous présenter ce que tu envisages de mettre en place ? Je sais que tu es en train d’écrire aussi un livre. Est-ce que tu pourrais nous présenter la couverture de ton livre ?
Chrystèle : Alors il se trouve que j’ai découvert que je pouvais dessiner et peindre des aquarelles. J’ai eu envie d’illustrer ce qui ne se voit pas avec des dessins. En plus, j’ai pris le parti pris de l’humour, parce que je trouve que ça passe mieux. J’ai déjà utilisé l’humour pour témoigner de mon vécu avec la sclérose en plaques.
J’ai pris le parti pris d’essayer d’illustrer mes écrits avec des dessins, de pouvoir mettre en image ce qu’on vit. J’ai essayé de pouvoir rigoler de mon vécu. Je trouve que ça me soulage.
Je vais te montrer la page de couverture provisoire pour l’instant. C’est un exemple de ce que peut être l’incestuel. Le père qui regarde la poitrine de sa fille et lui fait la remarque suivante : « si tu continues à ne pas porter de soutien-gorge, on va finir par devoir te les porter à la brouette ! ». Et la mère qui lance un : « tu as peur que ton père te viole ? ».
Gico C’est toi qui a fait les dessins ?
Chrystèle : Oui. Bien sûr que ce n’est pas du tout rigolo, en sachant que lorsque ma mère dit ça, elle sait que c’est mon grand-père qui m’a violé. A 15 ans, j’ai ressenti le regard de mon père sur ma poitrine comme une forme d’agression et la remarque de ma mère comme un reproche. Si j’avais pu lui répondre à l’époque, je lui aurais dit : « maman quand il me regarde comme ça, papa me viole des yeux ». Un père ne doit pas porter sur son enfant un tel regard.
Gico Ok. Et justement est-ce que tu as des projets ? As-tu pu discuter avec d’autres personnes qui ont subi la même chose que toi ?
Chrystèle : Oui. Quand on commence à en parler, on se rend compte qu’il y a des gens qui sont dans l’incestuel sans le savoir et qui se posent la question : « est-ce de l’incestuel ? Parce qu’il n’y pas de sexuel dans ce que je vis. » Je leur réponds souvent que l’incestuel ce n’est pas forcément toujours sexuel.
Pour reconnaître l’incestuel, à partir du moment où on ressent un malaise c’est un signe qu’il y a peut-être de l’incestuel. J’ai des gens qui me disent « ah oui alors peut-être que moi aussi je vis de l’incestuel ? » Des gens après s’interrogent sur ce qu’ils vivent, ils se posent des questions
J’ai créé le blog https://metoo-incestuel.fr pour permettre aux personnes victimes d’incestuel de pouvoir témoigner et trouver des informations sur ce thème.
A côté de ça, je participe déjà à des groupes de paroles pour des victimes de violences sexuelles.
Cela aide vraiment car de tels échanges avec d’autres victimes permettent de se rendre compte qu’on n’est pas tout seul. C’est vraiment important d’avoir un soutien.
Gico : Oui et justement par rapport à ce débat, qu’est-ce qui en est sorti ?
Chrystèle : L’important c’est d’avoir un espace de paroles.
Comment découvre-t-on que l’on vit dans un climat incestuel ou même qu’on a été violé ? Parce que moi, à l’époque, je ne savais pas qu’il pouvait y avoir différentes formes de viol. C’est en parlant, en discutant avec d’autres personnes, qui ont été victimes aussi. Je ne parle pas de ce que j’ai vécu de la même manière maintenant qu’il y a 30 ans. Il y a 30 ans, je banalisais ce que je vivais, parce qu’à l’époque j’étais encore sous l’emprise de la famille où il était normal de banaliser. Quand j’étais gênée par le regard de mon père, pour ma mère et pour mon père, c’était moi qui avais un problème, de voir le mal partout !
é victime d’inceste ou d’incestuel
Gico : Yes, ok, et bien écoute on va commencer avec les questions.
En quoi le climat incestuel diffère-t-il d’un inceste consommé et pourquoi est-il si difficile à nommer ?
Chrystèle : Alors déjà la différence entre l’inceste et l’incestuel c’est que l’inceste il y a une effraction dans le physique dans le corps. Il y a un agi qui est différent, même s’il peut y avoir parfois des zones que j’appelle des zones grises. Je cite un exemple que j’ai entendu : une mère qui va laver son enfant alors qu’il est en âge de se laver tout seul. Est-ce que ce n’est pas déjà de l’inceste, parce qu’elle touche ses parties intimes pour le laver, sous couvert de soins d’hygiène ?
Clairement les attouchements et le viol, c’est de l’inceste et l’incestuel, c’est plutôt un climat malsain parce qu’on ne sait pas trop. On se sent mal à l’aise mais on n’a pas de preuves.
Dans l’inceste, on arrive mieux à le nommer.
D’autres exemples d’incestuel :
- Un enfant qui est en âge d’avoir sa chambre, son espace privé, mais qui est amené à dormir dans le lit de sa mère, de son père, de manière habituelle
- Des parents qui se baladent nus chez eux et qui imposent à leur enfant la nudité
- Des parents qui refusent que l’enfant ferme la porte à clés
Gico : Comment décrirais-tu le chemin personnel qui t’a mené à pouvoir enfin mettre des mots sur ton vécu ?
Chrystèle : En fait, dans mon cas personnel, il y a eu l’hiver dernier donc début 2024, j’ai attrapé le Covid et j’ai perdu le goût et l’odorat et à partir de là je n’arrivais plus à m’alimenter.
Il faut savoir que déjà j’avais une anorexie présente depuis des années, sans qu’elle ait été vraiment nommée
Quand on me disait c’est une anorexie, moi je disais « ben non, je ne suis pas comme ces jeunes filles qui veulent maigrir » Moi je n’avais pas envie de maigrir. J’avais un blocage, donc il a fallu rééduquer mon estomac. Je suis descendue à un poids qui était de 34 kilos pour 1 mètre 66. On a rééduqué mon estomac en me posant une sonde naso-gastrique : une sonde qui passe par le nez et va jusqu’à l’estomac. J’ai été alimentée avec de la nutrition entérale et il a fallu rééduquer mon estomac aussi pour l’eau.
A ce moment-là, j’ai pris conscience que toutes ces années d’anorexie n’étaient pas normales.
En même temps, j’ai voulu écrire un premier livre pour témoigner sur ce que j’avais vécu
J’ai commencé à faire des petits dessins, qui décrivaient mon rapport avec l’alimentation. Je me suis alors rendu compte que l’incestuel était aussi dans mon rapport aux aliments. Mon père avait des regards qui portaient sur les formes féminines, de la même manière, par exemple, qu’il regardait un plat de moules qui lui faisait envie.
Quand mon père s’est occupé de nous faire à manger lors de mon adolescence, je ne voulais pas manger les plats qui m’étaient imposés le soir par mon père.
Cela étant, j’ai continué mes recherches quand j’ai vu dans ce livre tous les moments où je pensais qu’il y avait un lien entre mon vécu et les conséquences sur ma santé. C’est à ce moment-là que je me suis souvenu d’un épisode assez dramatique pour moi, et que je considère être une forme d’inceste : quand le parent prend son enfant comme un confident, il s’agit d’un « viol psychologique ». Ainsi, je pense que mes frères et moi avons été incestés par notre mère. J’ai 2 frères : un qui a 4 ans et demi de moins que moi et un d’un an et demi de plus. A l’époque, mon frère avait 14 ans, le grand avait 18 ans et moi j’avais 16 ans et demi. Notre mère nous racontait ses aventures extra conjugales, pendant les repas du soir. Dans un dessin, je montre ma mère qui nous raconte ses histoires en détails, tout en demandant de lui passer le sel. Ses propos étaient banalisés ! Alors que pour nous c’était une telle effraction.
Je me suis culpabilisée de me dire « pourquoi je n’ai pas réagi, pourquoi je n’ai pas réussi à dire à ma mère d’arrêter de nous parler de ça. ». Cela m’est arrivé d’essayer de le faire des années plus tard sans succès !
Grâce aux vidéos que j’ai pu voir de Muriel SALMONA, elle explique que dans ces genres de situations où il y a des violences vraiment dures, la victime est en état de sidération.
J’ai envie de dire c’est un peu un « inceste à retardement », enfin les conséquences en tout sont identiques, voire même, il y a des gens qui disent c’est même des fois pire parce que … je vous donne un exemple : si un enfant est incesté, par exemple il a eu un viol ou même des attouchements, si il est pris en charge tout de suite au niveau de son traumatisme, qu’il peut parler de ce qu’il a vécu, qu’on peut lui dire que ce n’est pas de ta faute car le père ou la mère ou l’adulte n’avait pas à te toucher … si on lui met les choses tout de suite au clair voilà. Mais quand s’il n’y a pas eu ça et que l’enfant devient grand avec tout ce qu’il a vécu et qu’il doit vivre avec ça et bien et qu’en plus il vit dans un climat incestuel, il ne comprend pas. Il peut se dire « c’est moi qui suis malsain », et si en plus se greffe par-dessus cela des moments de plaisir avec le parent incestueux, c’est un tel Hiroshima ! C’est ce que j’appelle moi des violences psychologiques qui s’ajoutent. Quand on a vécu l’inceste et l’incestuel c’est un duo dur dur. L’incestuel et encore plus pervers j’ai envie de dire. En général, quand il y a un inceste il y a aussi l’incestuel voilà c’est souvent le cas.
Gico Ok et justement quelle résistance intérieure ou extérieure as-tu rencontré en décidant de témoigner
Chrystèle : La première résistance que j’ai eue a été intérieure.
Avant bien sûr, tant que j’étais sous l’emprise de ma mère, c’était difficile de parler. J’ai vécu toute ma vie avec mes parents, parce que j’ai été aidante de mon père, ce qui a permis à ma mère de travailler.
Ma mère un jour m’a dit : « Chrystèle je te remercie parce que sans toi je n’aurais pas pu travailler, il aurait fallu que je m’occupe de ton père ». Mais c’était à moi de m’occuper de mon père ? Ce n’était pas plutôt à ma mère de s’occuper de son mari handicapé ? Et de me laisser faire ma vie ?
Cela a été la première résistance. C’est-à-dire que j’étais sous emprise. Donc c’était compliqué de se dire « je vis avec mon bourreau ». Une fois ça m’est arrivé d’en parler à un psy qui m’a dit « mais ça c’est incestueux ».
Je l’avais dit à ma mère mais 0 réaction. C’était notre manière de fonctionner voilà.
Donc, il y avait une petite part en moi qui disait « je sais », mais tant que je vis dans ce milieu-là je ne peux rien faire. Et quand je m’en suis dégagée (ma mère est décédée en 2016 de la maladie de Charcot et mon père a été placé en maison de retraite), j’ai pu enfin sortir vraiment de l’emprise et partir vivre dans mon appartement à 54 ans.
La deuxième résistance, en dehors de cette emprise, était interne celle-là : je me disais si je raconte tout ce que j’ai vécu et que mon père ou la famille tombe dessus, waouh ! Comment vais-je vivre ça ? Je vais ressentir de la honte. Et puis à un moment donné, je me suis dit « attends, tu ne vas attendre le décès de ton père pour t’autoriser à parler ? ». Alors j’ai fait comme un pacte : « vous avez toujours fermé les yeux sur ce que j’ai vécu ? Continuez à ne rien voir ! Je demande juste à pouvoir parler maintenant. » Ce n’est pas pour eux que je parle. Mon oncle a 95 ans, il est de l’ancienne mentalité !
Gico Yes, et justement, comment as-tu fait pour parler de ton histoire tout en respectant ton amour pour tes proches ?
Chrystèle : Et bien ça, c’est difficile. Mais moi je me dis que les personnes qui m’ont « aimé », parce que je me rends compte finalement quand on parle du pervers narcissique, ils ne peuvent pas aimer parce qu’ils considèrent l’enfant comme des prolongements d’eux même. Donc, on n’est pas considéré comme un individu mais comme un objet.
Je me dis qu’ils étaient malades, donc ils n’ont pas fait exprès. D’autres personnes pensent, au contraire, que c’est un choix. Moi, je pense que mes parents n’avaient pas conscience de ce qu’ils faisaient. Alors, c’est difficile d’en vouloir à quelqu’un qui ne fait pas exprès. Mais en même temps j’éprouve de la colère. C’est difficile, c’est compliqué.
Gico : Et justement as-tu ressenti un soulagement après avoir publié ton premier témoignage en ligne
Chrystèle : Oui, déjà. Excuse-moi, c’est le fait de parler des choses qui sont difficiles …
Gico prends ton temps.
Chrystèle : En fait, je me rends compte que le corps, il a une mémoire, tu vois. Là, il parle, il m’empêche de parler. Tu peux répéter la question, s’il te plaît ?
Gico Oui. As-tu ressenti un soulagement après avoir publié ton premier témoignage en ligne ?
Chrystèle : Alors, le soulagement, il a été d’avoir pu l’écrire et en même temps d’être arrivé à surmonter ce défi, qui était de combattre l’anorexie. Je suis restée très maigre durant 30 ans !
Quand je suis rentrée chez moi avec une sonde naso-gastrique je pesais trente-huit kilos pour un mètre soixante-six (j’avais déjà pris 4 kilos !)
A un moment donné, il y avait un défi … un sacré défi : il fallait prendre du poids.
J’ai demandé à mon aide de vie : « je ne suis pas comme cette fille ? Je ne suis pas aussi maigre ? ». Si !
STP prends mon appareil photo et photographie mon corps pour que je vois !
J’ai voulu voir en face comment j’étais. Il fallait vraiment qu’une fois pour toutes je règle mes comptes avec le passé. Et quelque part, ça a été un peu la Chrystèle d’avant que je tuais, qu’il fallait que je tue pour renaître.
Tu vois là. La Chrystèle que tu vois maintenant, bien sûr que c’est la même (je ne suis pas comme une fleur qui meurt et qui renaît à chaque printemps), mais je n’ai pas du tout le même corps que j’avais il y a un an.
Il y a un an à 36 kilos, j’étais un squelette.
Donc, le défi que j’ai eu, c’était déjà de rester en vie, de ne pas mourir.
Et après, j’étais quand même pas mal seule, on m’a aidé au niveau physique, grâce à cette sonde, mais pas plus.
J’ai pris mon cas comme un film à suspense, comme un thriller. Il fallait que je trouve pourquoi mes parents étaient comme ça, pourquoi ils m’ont fait du mal, sans le vouloir.
On se dit : ils n’ont pas fait exprès. J’étais une enfant adorable, pourquoi ils m’ont massacré ? ça c’est dur.
On a des connaissances maintenant qu’on n’avait pas avant. Grâce à la psychiatre Muriel SALMONA. Elle fait un travail super je trouve, parce qu’elle permet aux victimes de comprendre que, par exemple quand on ne bouge pas ce n’est pas notre faute, c’est normal c’est l’état de sidération.
Comment un enfant peut-il dire non à son père ou à sa mère ?!
Gico Yes, et justement, peux-tu nous raconter le moment déclencheur où tu as pris conscience de l’ambiguïté du regard paternel
Chrystèle : Alors je pense que l’une des premières fois c’est quand je vois mon père regarder à la télé. Par exemple, si tu te souviens du générique de l’émission Véronique et Davina, où elles se douchaient nues.
Mon père regardait de manière insistante. C’était ce regard pesant …
Je n’ai jamais eu peur que mon père me viole, même si c’est son père qui m’avait agressé enfant, mais il avait des regards dérangeants. Lui semblait en rigoler, moi ça ne me faisait pas rire. Il reste un homme, même si c’est mon père. Le regard qu’il porte parfois sur le corps des femmes est une manière de les réifier, d’en faire des objets sexuels. Comment ma mère a pu laisser faire ça ? Je pense que mon père, il aurait fallu le recadrer et ça aurait pu suffire.
Gico Ok et justement comment as-tu vécu ce mélange d’amour filial et de malaise profond dans ta relation avec tes parents
Chrystèle : Je l’ai vécu comme quelque chose de normal parce qu’on l’a banalisé. J’ai vécu avec ça en fait. Et c’est pour ça que ça a entraîné des conséquences physiques et psychologiques sur moi.
C’est un peu comme si une personne est séquestrée pendant des années. Elle finit par devoir aimer ses bourreaux. C’est un peu le syndrome de Stockholm où la victime finie par aimer la personne qui l’a pris en otage. Moi j’ai été pris en otage par mes parents !
C’était mes parents, alors enfant j’étais obligé de faire avec pour survivre. On ne vit pas, en survie on va dire. Mais à l’époque on ne se rend pas compte de ça, parce que c’est une autre normalité.
Gico : Et justement tes frères tes frères aussi, ils ont pu ressentir ce malaise Tu as pu en discuter à cette période ou pas du tout ?
Chrystèle : Alors, mes frères
Gico Vraiment dans cette période
Chrystèle : À quelle période-là ?
Gico A l’époque où tu avais pris conscience du regard que ton père te lançait. Est-ce que tes frères ils ont remarqué quelque chose ?
Chrystèle : Non. J’ai parlé avec mon petit frère que plus tard de ce qui s’était passé avec notre mère. Un jour je lui dis, il y 5-6 ans de ça : « c’est réel ou c’est moi qui ai fait un mauvais rêve ? Non c’était vrai, ça s’est vraiment passé. Mon plus jeune frère était lucide sur la situation familiale depuis très longtemps. Cela devait être difficile pour lui aussi, même s’il vivait très loin de la famille, parce que les parents ils les aimaient. Il est parti vivre avec sa femme et son fils en Australie pour fuir. Mon frère aîné était plus dépendant de ma mère. Il est encore sous emprise même si ma mère n’est plus là. Selon moi il n’est pas sorti de l’amnésie traumatique.
Gico D’accord. Et justement penses-tu que ta mère a consciemment ou inconsciemment fermé les yeux sur certaines situations ?
Chrystèle : En fait, je ne sais pas si elle les a fermées ou si elle ne les a jamais ouverts ou si elle les avait ouverts et qu’elle ne voyait pas. En tout cas, pour donner un exemple frappant. Il y a eu un jour, j’avais 8 ans, c’était lors d’une réunion de famille. Mon grand-père était là et j’étais sur ses genoux comme je faisais souvent.
J’ai manqué de tendresse de la part de mes parents. C’était la mentalité d’avant : c’était le père qui apportait l’argent à la maison et la mère qui s’occupait des enfants. Ma mère a été orpheline à 5 ans de son père et à 14 ans de sa mère. Elle me disait « Chrystèle, comment veux-tu que je t’apporte ce que je n’ai jamais reçu ? »
Mon grand-père paternel m’a apporté beaucoup d’affection. Je ne le voyais pas très souvent mais quand il était là, j’étais assez collée à lui. Ce jour-là, j’étais assise sur ses genoux. Je devais avoir une jupe ou une robe. A un moment donné il passe sa main, qui se trouve sous ma jupe, entre mes jambes. Cela me dérange et je me dis « qu’est-ce qu’il me fait ? ». A ce moment-là, je bouge pour lui faire comprendre mon malaise. Je lève ma tête et je vois ma mère en face de moi qui me regarde dubitative. Personne ne réagit ! Tout le monde le laisse faire.
Je suis comme anesthésiée devant leur inaction et profondément mal à l’aise que mon grand-père ne se cache plus. Alors si ma mère laisse faire, c’est qu’elle valide ce qui se passe ?
Le soir même, ma mère m’interroge : « Chrystèle, il se passe quelque chose avec ton grand-père ? Parce que j’ai vu ton malaise ». « Maman, grand-papa me sert de trop près. » J’ai su plus tard que le sujet avait été débattu en famille. Mon père serait allé voir son père pour lui demander ce qu’il faisait avec moi. « Rien enfin, c’est ma petite fille ». Quant à mon oncle, il aurait dit : « tous les grands-pères font ça, tant qu’il ne lui a pas mis un doigt … ». Ma mère aurait été choquée, mais elle ne l’avait pas fait savoir. « Maman, pourquoi ne t’es-tu pas levée pour dire mais on ne va pas attendre qu’elle soit violée pour réagir ?! ». Dorénavant Chrystèle, on ne te laissera plus seule avec ton grand-père, afin d’éviter qu’il se passe des choses. Mais maman ça va changer quoi ? Parce que là je n’étais pas seule avec lui, tu es devant moi et tu n’as rien fait. Par chance pour toute la famille, le grand-père est mort un an après. Sauf que moi, pour tenter de survivre à ça, je me suis inventé une histoire avec mon grand-père. Nous sommes des amoureux, puisqu’il me prend pour sa femme :
– il m’offre des cadeaux d’adulte : un parfum et une boîte à bijoux
– il m’embrasse sur la bouche avec sa langue comme à une femme adulte
Le grand-père est décédé d’un cancer des poumons, un an après que j’ai parlé. J’avais été surprise d’entendre dire au sein de ma famille qu’il serait parti en raison du manque de sa femme. Dans ma tête d’enfant, j’avais pensé qu’il était mort à cause de la prise de patoles. Je m’étais culpabilisée de sa mort qui est arrivée sans qu’on n’ait pu se revoir avant. J’ai pensé que c’était ma faute car j’avais parlé !
Ils pensent qu’il est mort d’un chagrin d’amour d’avoir perdu sa femme alors que moi je pensais que c’était à cause de la fin de notre histoire !
C’était plus facile pour moi à l’époque de m’inventer une histoire avec mon grand-père, que d’ouvrir les yeux sur la réalité : il ne m’a jamais véritablement aimé puisqu’il a abusé de moi.
Certains disent qu’il ne faut pas parler d’abus quand on parle d’un enfant, car ce n’est pas un objet. Moi je dis, mais si au contraire ! C’est bien d’un abus dont il s’agit puisque l’enfant n’est pas considéré comme un individu, puisqu’il est pris pour un objet des désirs de l’adulte.
Des années plus tard, j’ai eu l’occasion de participer à un psychodrame et d’y rejouer une scène où j’ai pu prendre conscience d’avoir culpabilisé de la mort de mon grand-père.
Pour conclure, ma mère ne pouvait pas voir : qu’elle ait les yeux grands ouverts ou non, elle ne pouvait pas voir, même quand les faits se déroulaient devant ses yeux. Elle me disait que c’était inimaginable pour elle.
Je lui répondais ceci : « je ne te demandais pas d’imaginer mais juste de voir ! ».
Je pense que ma mère se plongeait peut-être elle aussi dans un état de sidération, ce qui l’empêchait de réagir en tant qu’un parent adulte protecteur.
Gico Alors comment as-tu vécu l’anorexie qui s’est installée après cet épisode ? L’as-tu perçue comme un mécanisme de défense
Chrystèle : L’anorexie est arrivée très tôt. J’ai commencé par avoir des troubles digestifs, des maux d’estomac. Les médecins ont dit à mes parents de me supprimer les tomates, qui étaient trop acides pour moi. J’ai continué à supprimer les aliments que je pensais ne plus supporter, alors que mes troubles digestifs étaient sûrement des troubles digestifs fonctionnels d’origine émotionnelle. C’est ainsi que les troubles du comportement alimentaire se sont mis en place. Je suis devenue maigre qu’à mes 25 ans, à l’époque du diagnostic de phobie sociale et de la dépression (qui était aussi une poussée de troubles cognitifs causée par la sclérose en plaques, non encore reconnue).
Ce n’est que depuis un an que je relie mes problèmes de santé à mon vécu traumatique.
Gico : Qu’est-ce qui t’a permis de relier ton vécu d’enfance à un phénomène plus large systémique même ?
Chrystèle : Je ne sais pas vraiment. Je pense que ce sont les dessins que j’ai faits et mon histoire que j’ai essayé de raconter par l’écriture et par le dessin.
Gico Ok et à quel moment as-tu fait le lien entre ton passé traumatique et ta maladie
Chrystèle : J’ai effectué une recherche sur internet : j’ai marqué inceste et sclérose en plaques et je suis tombée sur un article, oublié dans le quotidien du médecin. Il disait que les anciens enfants qui ont vécu la maltraitance dans l’enfance ont 60 pour 100 de probabilités de plus de déclarer des maladies auto immunes,
Gico : Je crois qu’en plus c’est une étude norvégienne parce que je suis tombée aussi par hasard dessus. J’ai lu cet article. Il a l’air très intéressant. On peut le retrouver sur ton site internet si les personnes sont intéressées.
Gico : Comment réagissent les médecins quand tu évoques cette hypothèse de stress chronique lié à ton enfance ?
Chrystèle : On n’en parle pas, ça leur fait peur. Cela dépend les médecins. Le nutritionniste du CHU reste silencieux quand je lui parle de mon livre sur l’incestuel et mon neurologue ne réagit pas non plus.
Il n’y a que le psychologue avec qui je peux en parler et aussi un peu le généraliste. J’ai beaucoup de mal à avaler des médicaments. Il était surpris d’apprendre qu’il m’était impossible d’avaler le médicament prescrit pour lutter contre une infection urinaire, alors qu’il s’agissait juste de mettre le contenu d’un sachet d’antibiotique dans de l’eau et à boire tout en une seule fois ! Je préférais passer par des perfusions !
Je suis l’une des rares patientes à demander par perf plutôt que d’avoir à avaler un comprimé.
Depuis mon vécu de la sonde naso-gastrique et la sortie de l’anorexie, mes troubles oraux se sont beaucoup améliorés. J’ai réussi à me forcer à avaler le traitement car il était important que je me soigne mais c’était presque un viol de m’obliger à ça. Voilà les séquelles possibles de ce passé traumatique.
Gico : Et justement selon toi, pourquoi ce phénomène (l’incestuel) reste-t-il si peu nommé, voire inconnu du grand public ?
Chrystèle : Parce qu’on est dans une société de déni. Pourquoi on ne veut pas reconnaître l’incestuel ? Parce que ça dérange, ça gêne.
Gico : Est-il plus difficile de dénoncer un climat incestuel qu’un inceste consommé et pourquoi ?
Chrystèle : les 2 sont difficiles. Dès qu’on prend la parole c’est difficile parce qu’on met en cause des personnes qui sont des proches et il s’agit de personnes qu’on aime. On va leur faire du tort si on parle. Pourtant c’est indispensable parce que sinon, si on ne parle pas, ça va continuer.
Et est-ce que c’est plus dur l’un ou l’autre ? Les 2 sont durs, mais l’incestuel c’est plus délicat parce qu’on n’a pas de choses matérielles. On a déjà du mal à parler de l’innommable qu’est l’inceste, alors parler d’incestuel qui est encore plus difficile à nommer et plus difficilement visible, c’est très compliqué.
Gico : As-tu rencontré d’autres victimes de l’incestuel depuis ton témoignage et comment décrivent-elles leur expérience ?
Chrystèle : J’ai beaucoup parlé dernièrement avec des personnes qui ont connu des personnes dans leur proche entourage, tel un oncle par exemple, qui a porté sur elles un regard malsain, ou même un oncle qui lui a montré son sexe en érection.
Il y a aussi des personnes qui m’interrogent : « c’est incestuel ? Pourtant ce n’est pas sexuel ».
Gico Quel a été ton parcours psychologique ou thérapeutique pour identifier le terme d’incestuel ?
Chrystèle : J’ai beaucoup cherché des réponses à mes questions en faisant de nombreuses recherches sur Google. J’ai aussi beaucoup regardé sur YouTube, dans des livres, les Kindle. Au départ, je trouvais qu’il n’y avait rien sur l’incestuel et finalement, si on cherche bien, on trouve des infos.
Gico Comment expliquerais-tu à quelqu’un ce que signifie précisément un climat incestuel ?
Chrystèle : ça peut prendre plusieurs formes. Déjà j’ai envie de dire que c’est assez fréquent et c’est souvent banalisé, donc c’est dans le quotidien. Je peux surtout décrire le climat incestuel en donnant des exemples. L’un des premiers critères c’est quand il y a quelque chose qui nous rend mal à l’aise dans la famille.
Gico Pourquoi ces comportements sont-ils souvent banalisés ou même niés ?
Chrystèle : Parce qu’il y a des familles qui fonctionnent là-dessus, parce qu’il y a des familles où les parents ne sont pas des bons parents, dans le sens où la famille est là pour sécuriser l’enfant, pas pour le rendre mal à l’aise. Et quand le parent n’est pas là, qu’il en soit conscient ou pas, pour aider à faire grandir l’enfant de manière correcte, ce qui est malsain, le parent ne va pas en parler. Il préfère le cacher en le banalisant. Et finalement, c’est l’enfant qui se rend compte, bien plus tard, une fois qu’il a réussi à s’extraire de ce climat incestuel. Parce que tant qu’il est dedans, il essaie de se sauver, un peu comme s’il essayait de se sortir la tête hors de l’eau. Il sait bien que c’est marécageux au fond, mais il là-dedans donc comment il peut faire ?
Un enfant ne peut pas dire, allez, je change de parent ! L’enfant se sent souvent perdu, il est obligé de faire avec. Il est obligé d’accepter le déni que la famille et l’entourage lui imposent, et avec l’impunité. Alors là, dans un tel climat incestuel, forcément le grand-père, l’oncle ou autre, peut déraper … et déboucher sur de l’inceste. Mais les parents ne vont pas réagir car ils ne le peuvent pas.
Gico Et as-tu eu un moment de bascule, une prise de conscience brutale ou est-ce venu progressivement ?
Chrystèle : J’ai envie de dire les 2. Mais c’est quand même un processus lent.
D’abord, il faut qu’on s’en rende compte mais on nie nous-mêmes.
A ce moment-là, j’avais conscience que quelque chose n’était pas normal.
Gico Et quel impact concret as-tu identifié sur ta construction identitaire et ton rapport au corps ?
Chrystèle : En fait, j’aurais envie de dire que la Chrystèle d’avant a eu beaucoup de mal à ne plus être sous l’emprise de sa mère.
Le parent pervers narcissique, qui a des failles, qui a des blessures, parce que c’est ainsi que j’ai pu le comprendre : ma mère a été traumatisée par plusieurs évènements dans sa vie mais n’a jamais été soignée pour cela.
Depuis que j’ai retrouvé le corps que j’aurais dû avoir avant (pas anorexique et avec un poids correct) j’ai ressenti l’impression de vivre, alors qu’avant je survivais.
Maintenant je suis une personne identifiée. C’est un peu comme si j’avais coupé le cordon.
Et maintenant, je me sens dans un espace suffisant avec ma famille pour pouvoir parler et en même temps, je peux m’autoriser à être moi. Parce qu’avant, pendant tout le temps où j’étais encore dans ce schéma incestuel même si ma mère était morte, j’avais encore au début, une petite voix qui était ce que ma mère aurait pensé si elle avait été vivante.
Gico : Existe-il une figure extérieure, thérapeute, ami, livre, qui t’a aidé à mettre en lumière ton vécu ?
Chrystèle : Il y a eu plusieurs livres et plusieurs vidéos. Au niveau des personnes, j’ai un psychologue, avec qui je parle régulièrement, qui est très à l’écoute des dessins que je fais, de l’aquarelle. La peinture aquarelle m’a aidé ainsi que les dessins. Mon aide de vie avec qui je parle et avec qui j’échange beaucoup.
A l’époque de la période de phobie sociale et de dépression, quand j’avais tout le temps des attaques de panique, ce qui m’avait beaucoup aidé c’était la musique, notamment l’album de 2002 de Lara Fabian.
Gico : Drnière question : que voudrais-tu dire aux personnes atteintes de sclérose en plaques ?
Chrystèle : Bon courage ! (je plaisante)
Il serait temps peut-être de réfléchir à une origine émotionnelle possible de votre SEP. Cela pourrait vous apporter une réflexion intéressante.
Gico : Chrystèle, je te laisse le mot de la fin !
Chrystèle : N’ayez jamais honte de parler et pensez à vous !
