Vidéos sur l’incestuel

 

 

 

 

 

L’incestuel maternel, un inceste déguisé

 

L’inceste maternel, sujet tabou

Parler d’inceste est difficile mais parler de l’inceste d’une mère sur son ou ses enfants est extrêmement tabou.

Imaginer qu’un e mère puisse abuser sexuellement de sa progéniture est contre la nature et quasiment impensable.

Pourtant des mères dysfonctionnelles cela existe !

 

L’incestuel maternel, kesako ?

Dans l’incestuel, il n’y a pas d’actes génitaux mais des équivalents d’inceste.

Afin de mieux faire comprendre ce que peut être l’incestuel maternel, je vais prendre des exemples tirés de mon vécu.

A l’occasion de l’écriture de mon livre ‘L’incestuel fait enfin du bruit », il m’a fallu venir revisiter les différents moments dans ma vie où j’ai pu ressentir un profond malaise qui me faisait dire que quelque chose n’allait pas !

 

Une première fois de mes parents racontée par ma mère

Vers l’âge de 15, j’interroge ma mère sur la « 1ère fois » pour une femme. Je voulais juste savoir si cela faisait forcément mal. Je ne m’attendais pas du tout à ce que ma mère me parle de sa première fois avec mon père !

Et surtout pour me dire qu’elle avait beaucoup souffert et qu’il avait fallu que mon père s’y reprenne à plusieurs fois.

Je voyais alors mon père comme un homme insensible qui avait fait souffrir ma mère.

Cette dernière m’avait même dit que si elle avait su que son hymen était si dur à être déchiré par un pénis, elle aurait été consulter un gynécologue pour être défloré au scalpel par un médecin !

 

Le commentaire déplacé de ma mère face au regard de mon père sur ma poitrine : « tu as peur qu’il te viole ? »

La réaction de ma mère au regard de mon père porté sur ma poitrine à 15 ans revenait à me rappeler ce que son propre père avait fait sur moi 5 ans auparavant.

A lieu de dire à mon père qu’il ne devait pas regarder sa fille ainsi et me faire des remarques sur mes seins, elle s’était moqué de ma gène.

 

Ma mère me raconte comment elle se masturbe sous la douche

Le jour où mon père (pour vérifier sa prostate), ma mère (accompagnatrice) et moi-même étions allés consulter un urologue en raison d’infections urinaires à répétition, ma mère avait trouvé bon de m’expliquer comment me masturber sans risquer d’infection urinaire !

La cause de mes infections étaient pour le médecin le fait de mon anatomie de femme (proximité du canal de l’urètre avec l’anus) et en réalité (je l’ai su 14 ans plus tard !) le fait que je sois déshydratée (à l’époque je ne buvais pas assez d’eau).

 

Des gémissements de son plaisir audibles jusqu’à ma chambre

La méthode masturbatoire de ma mère n’était pas un secret pour moi (mais ça je n’avais jamais osé le lui révéler !) puisque je l’entendais lorsqu’elle était dans son bain et moi à l’étage.

Il y a même eu une fois où j’étais avec mon copain dans ma chambre. J’avais été si gênée que je lui avais dit en faisant mine d’en rigoler : « chut ! Tu n’as rien entendu !! »

 

Aucun problème pour que ma fille tu ais des relations sexuelles à la maison

Pour ma mère ce n’était pas un problème que je puisse avoir des relations sexuelles à la maison puisque j’étais une femme adulte mais que je vivais chez mes parents en raison de ma maladie chronique (pas d’activité professionnelle me permettant d’être indépendante)

Elle et mon père seraient et resteraient dehors dans le jardin …

sauf que certaines fois elle était dans son bain 🙂

Je comprends pourquoi ma vie sentimentale et sexuelle n’a pas réellement existé …

 

Des confidences qu’elle n’aurait jamais dû partager à ses enfants

Je repense à deux évènements en particulier. Je vais commencer par vous raconter le moins dérangeant.

1er évènement

Un jour, mon père vient me voir dans la cuisine et me dit : « Chrystèle, je veux une femme !« .

Il me tend ensuite le programme de TV et me demande de lui enregistrer un film réservé aux personnes majeures.

Étant très mal à l’aise, je tente de lui répondre avec humour : « mais tu as maman ! »

Je monte à l’étage pour parler à ma mère en m’attendant à ce qu’elle descende voir mon père pour lui dire qu’il n’a pas à formuler de telles demandes à sa fille.

Au lieu de ça, elle m’explique qu’à une époque elle lui a déjà laissé sa chance mais qu’il est impuissant.

Je savais que mes parents faisaient chambre à part depuis l’accident de mon père survenu quand j’avais 21 ans, mais je n’avais pas à en savoir plus !

 

Un soir quand mes frères avaient 14 et 18 ans et moi 17 ans, notre mère nous a confié en détails la manière dont elle éprouvait du plaisir avec son amant.

Non seulement on apprenait qu’elle trompait notre père mais elle donnait des détails sur ses ressentis intimes.

De plus elle critiquait notre père et faisait des comparaisons entre son amant et son mari.

Mes frères et moi étions dans un état de sidération tel que nous ne pouvions réagir.

Je peux dire maintenant, avec 40 ans de plus et enfin sortie de l’amnésie traumatique que ce jour là notre ère nous a mis dans son lit .. pour assister aux ébats sexuels partagés avec son patron !

Notre père n’a jamais rien su des confidences faites ce soir là et d’autres soirs .. où j’étais parfois exclue car ma mère m’interdisait de venir ans la cuisine sous prétexte que « ce soir nous allons parler entre hommes ! »

Il y a 5 ans de ça j’ai osé demander à mon jeune frère : j’hallucine ou c’est réel ? On a bien vécu ça ?

Oui ..

Maman nous demandait notre avis sur telle ou telle position et si nous pensions que le jour où elle avait vu son amant notre père pouvait le sentir ou pas

Quoi ???

 

Moi je dis que notre mère nous a mis dans son lit ce soir là … sans action physique sur nos corps

quoique .. 30 ans d’anorexie et une sclérose en plaques

une « santé traumatique »

 

 

 

 

Un inceste platonique ?

Ce que je m’apprête à vous partager dans cet article murit en moi depuis des années . des années de « déni » et de silence sur une réalité que même la société toute entière ne veut pas voir.

Je veux vous parler de l’incestuel.

Certains parlent d’inceste non agi, d’autre d’inceste moral. Moi je parle d’inceste platonique ou d’inceste qui détruit sans contact physique.

Dans cette vidéo interview, je vous raconte des extraits de mon vécu, que j’ai gardé secret durant toute ma vie …

Même ma famille n’est pas au courant de tout.

Avant de vous faire voir la vidéo, je tiens à préciser deux choses importantes :

– malgré la gravité de l’impact que cela a eu dans ma vie, je pardonne à mes parents .. je pardonne aussi à mon grand-père incestueux

– je parle aujourd’hui parce que je prends maintenant conscience du lien entre mes troubles et ce vécu : dépression, phobie sociale et angoisses (jusqu’en 2000), TCA et sous poids (durant 30 ans), et sclérose en plaques.

 

Place à l’interview !

 

 

 

Transcription texte de la vidéo

Voici la transcription texte de l’interview

Gico : Bonjour et bienvenue sur histoire et révélation. Aujourd’hui je reçois Chrystèle Bourély pour un témoignage d’une puissance rare. Elle a décidé de libérer une parole encore trop souvent étouffée, celui du climat incestuel. Chrystèle lance le « metoo incestuel », dans la lignée du « metoo inceste », pour nommer ce qui ne se voit pas toujours, ce qui ne se dit pas, mais qui laisse des traces profondes dans la vie des enfants devenus adultes. Ces regards, ces paroles, ces silences lourds, ces gestes à la limite, ce climat familial où le désir flotte là où il ne devrait jamais exister. À travers son histoire, elle raconte non seulement ce qu’elle a vécu, mais aussi ce qu’elle a compris du silence des mères, des regards des pères, des douleurs du corps jusqu’à la sclérose en plaques qu’elle relie à ces traumatismes d’enfance. Avec elle, on va parler de l’inceste, bien sûr, mais surtout de l’incestuel, ce mot encore peu connu mais si important. On va aussi parler de honte, de courage, d’anorexie, de maladie, de résilience et de son projet de son livre, « l’incestuel fait enfin du bruit ».

Chrystèle, merci d’être là et d’oser de parler.

Chrystèle : Gico je te remercie pour me laisser l’opportunité de pouvoir parler de l’incestuel, qui doit maintenant, à l’ère où on est, se faire entendre, parce que pour moi l’incestuel c’est finalement tout ce climat de non-dit, de déni et qui laisse la victime, souvent d’inceste d’ailleurs, ou même s’il n’y a pas eu inceste, du moins l’inceste plane dans ce climat incestuel. Je pense qu’il y a peut-être beaucoup de personnes qui vivent dans un climat incestuel sans pouvoir le nommer. Et je pense que c’est important, et c’est pourquoi je prends la parole aujourd’hui, de mieux faire connaître l’incestuel.

Il faut savoir que j’ai cinquante-six ans. Je suis sortie de l’amnésie traumatique de l’incestuel que depuis peu de temps. Il a fallu vraiment que je frôle la mort de très près pour réaliser que tous les symptômes dont je souffrais, que j’avais exprimé, étaient finalement ce que j’appelle maintenant « une santé traumatique », c’est-à-dire qu’en fait tout était à relier avec les traumatismes que j’ai pu vivre.

Alors, il y a eu pour moi l’inceste de la part de mon grand-père, mais il y a eu aussi, et surtout, je dirais, ce climat incestuel. Et c’est long avant de pouvoir mettre des mots sur nos MAUX j’ai envie de dire et j’ai eu comme différents symptômes de ce mal-être, finalement parce que on va avoir l’occasion justement de discuter ensemble sur ce qu’est l’incestuel.

Cela laisse la victime d’inceste totalement seule face à ce qu’elle peut ressentir. Et ce climat d’incestuel est pour moi ce que j’appelle « le lit de l’inceste », parce que je ne suis pas la seule à le dire quand on peut reconnaître le climat d’incestuel on sait que l’inceste n’est pas loin. Soit il a déjà été là dans les générations passées, soit il est peut-être même présent, soit il va arriver dans les générations futures si jamais on ne coupe pas ce lien.

C’est tout nouveau pour moi mais j’ai décidé, et j’expliquerai plus tard comment cela m’est venu.

Je propose de lancer, après le mouvement « Metoo inceste », le « Metoo incestuel ». J’’y mets tout ce climat de déni, enfin de banalisation de ce que peut vivre la victime. Je crois qu’il est temps en 2025 de pousser les victimes à parler, parce que pour moi la parole est une force. Et quand on voit l’impunité qui rôde autour de nous. Jusqu’à présent ce sont les pédocriminels qui ont le pouvoir. Je pense qu’il est temps que les victimes se fassent entendre et prennent le pouvoir !

Quand j’ai discuté il n’y pas longtemps avec une personne de l’APF, je lui disais : j’ai envie de « faire péter le déni », c’est-à-dire en fait vraiment de mettre comme un caillou dans une mare et ça fera des ricochets. Je ne sais pas encore ce que ça va donner mais vraiment il est temps que cette colère finalement qu’on a en nous et c’est légitime, on la transforme en action. Je pense que je ne suis pas la seule victime d’incestuel et beaucoup de personnes sont encore victimes parce que victimes dans le sens où elles ont des maux, il serait temps que ça passe en mots. Je pense qu’elles sont peut-être parmi celles qui nous écoutent, qui nous regardent, elles vont peut-être se reconnaître dans ce qu’on va dire et moi c’est ce qui m’est arrivé aussi, mais bon on en rediscutera.

Gico : Mais on va voir que tout au long de ton parcours que tu as fait le lien entre trauma et ta sclérose en plaques. Tu as vraiment fait le lien, le rapprochement, avec ces traumas. Tu as pu mettre des mots derrière et expliquer clairement. Justement, quels sont tes projets pour l’avenir ? Est-ce que tu peux te présenter Chrystèle ? Est-ce que tu peux nous présenter ce que tu envisages de mettre en place ? Je sais que tu es en train d’écrire aussi un livre. Est-ce que tu pourrais nous présenter la couverture de ton livre ?

Lire la suite

L’essentiel à savoir sur l’incestuel est ici !

Venez télécharger

L’essentiel à savoir sur

 

L’inceste et l’incestuel

(cliquez sur le titre ci-haut)

Macron, vous nous croyez … et après ?!

 

Inspirée du modèle de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (CIASE), la CIIVISE a pour objet l’écoute des personnes qui ont été victimes d’inceste et de violences sexuelles pendant leur enfance et l’élaboration de recommandations pour la politique publique.

 

De 2021 à 2023, la CIIVISE a été présidée par Edouard Durand et Nathalie Mathieu. 30 000 témoignages ont été recueillis et les personnes victimes ont été entendues à l’occasion d’auditions publiques dans toute la France.

En novembre 2023, 82 recommandations et un premier rapport ont été remis au gouvernement.

 

« On vous écoute, on vous croit » : le message de Macron aux enfants victimes de violences sexuelles

Sur Twitter, le chef de l’État s’est adressé samedi aux mineurs victimes de violences sexuelles. Le président de la République annonce une consultation pour « adapter notre droit ».

« On vous écoute, on vous croit »

OK, vous nous croyez …

et maintenant ?!

Vous faites quoi :

– pour les enfants actuellement victimes de violences sexuelles ?

– pour les femmes et hommes adultes qui ont gardé des séquelles des abus passés ?

 

Croire n’est qu’un début … 

Cela peut aussi être un : « on vous croit .. le passé on ne peut pas revenir dessus … »

Il serait temps d’oublier !

une manière de nous dire de « passer à autre chose » et finalement de nous faire taire !

Une manière de ne pas voir la réalité en face !

 

Que sont devenus ces enfants victimes d’inceste et d’incestuel ?

Déjà, qui connaît le chiffre de familles incestuelles ?

 

Des Le Scouarnec et D. Pélicot sont condamnés, mais quid des personnes qui ont fermé les yeux alors qu’ils savaient ?

et quid des victimes non reconnues en tant que telles : les victimes prescrites, les enfants qui n’ont pas été entendus et/ou non protégés ?

 

« Vous ne serez plus jamais seul ! »

Ah oui ? Mais où es-tu Emmanuel quand je me retrouve seule à devoir lutter contre ma « santé traumatique » :

  • 30 ans d’anorexie
  • une sclérose en plaques secondaire progressive, restée inaperçue de mes 12 à 38 ans

 

Bien sûr que si on est seul …

Je ne vois pas du tout ce qui a changé depuis 2021 …

On a eu un espoir avec les débuts de la CIIVISE mais maintenant …

 

Quand les anciens enfants victimes de violences sexuelles, devenus des adultes traumatisés dans leur corps et dans leur tête, vont-ils enfin pouvoir être reconnus par la société ?

 

Lançons le mouvement « metoo-incestuel » pour faire péter le déni !

Chrystèle

https://www.ciivise.fr/nos-missions

 

 

 

L’incestuel est un équivalent de l’inceste !

Dans cette vidéo je vais vous parler de la différence entre l’inceste et l’incestuel.

 

J’ai une sclérose en plaques qui est à relier avec ce passé d’enfant maltraité (l’inceste est une maltraitance !). Je parle d’inceste par mon grand-père et d’incestuel par mes parents (qui n’ont pas eu conscience d’être des parents dysfonctionnels).

Moi, je sors de l’amnésie traumatique depuis une hospitalisation que j’ai eue en hiver 2024.

J’ai été en sous poids pendant des années, pendant 30 ans. J’étais anorexique sans l’admettre, c’est-à-dire que pour moi l’anorexie c’était des jeunes filles qui voulaient perdre du poids. Pour ma part, jamais je n’ai voulu perdre du poids. J’avais des problèmes digestifs qui m’empêchaient de manger à ma faim.

Quand j’ai chopé le covid, j’ai perdu l’odorat et le goût. Du coup, ça a accentué le phénomène et je me suis retrouvée à 36 kilos pour 1 mètre 66. Actuellement, je pèse presque 20 kilos de plus.

 

« L’inceste fait enfin du bruit »

Le livre que je suis en train d’écrire, intitulé « l’inceste fait enfin du bruit », est un témoignage et en même temps il a un effet catharsis pour moi. C’est-à-dire que j’ai envie d’arriver à mettre en mots M0TS ce que j’ai vécu en maux MAUX. Mon propos n’est pas du tout d’accuser les parents.

C’est horrible parce qu’on doit parler en mal entre guillemets de nos parents qu’on a aimé. Je ne pense pas que mes parents étaient méchants, la famille non plus, ils étaient bienveillants à mon égard. C’est comme s’ils m’avaient fait du mal sans le vouloir. J’en parle dans l’interview que j’ai donnée pour la chaîne « histoire et révélation » qui va être publiée en septembre.

 

Prévenir l’incestuel c’est aussi éviter l’inceste

Quand on parle de retirer la prescription pour les crimes sexuels qui concernent l’inceste, moi j’ai envie de vous dire que l’incestuel ne sont pas des actes condamnables actuellement dans le code pénal.

Dans mon livre c’est un peu comme une enquête où j’essaie de comprendre pourquoi ils ont été incestueux.

Je souhaite que l’on comprenne que l’incestuel peut être aussi dramatique si ce n’est plus que l’inceste.

Pouvoir prévenir plutôt que de vouloir mettre les parents en prison.

L’amnésie traumatique.

Moi je pense que moi j’étais consciente qu’il y avait des choses qui n’étaient pas normales dans ma famille, mais tant que je vivais avec ma mère et mon père, je restais sous emprise et dans la banalisation et le silence.

Exemple. Quand mon père arrive et qu’il me dit « Christelle je veux une femme », j’essaye de le prendre à la rigolade en lui disant qu’il a déjà maman ! Et quand il poursuit en me demandant de lui enregistrer un film de Q, j’imagine que ma mère va me répondre quand je lui en parle qu’elle va aller parler à mon père pour ne plus qu’il me dérange sur ce genre de sujet qui ne regarde que mes parents. Mais au lieu de ça, elle me dit mais Christelle tu sais j’ai essayé quand il était encore un peu plus en état, il n’a pu rien faire, donc il n’y a pas de risque. Mais je n’ai pas à savoir. Ce genre de choses c’est de l’incestuel.

 

Je peux comprendre que quand on sort de l’amnésie traumatique on ait envie de pouvoir porter plainte contre son agresseur.

Ce que j’ai compris des informations de la psychiatre Muriel Salmona c’est le pourquoi une victime ne réagit pas, se trouve être dans un état de sidération, quand les violences subies sont violentes.

Imaginer que c’est son père ou sa mère qui nous inceste, c’est déjà une violence en elle-même. Pas besoin d’avoir été pénétré violemment. La violence est aussi beaucoup psychique.

On dit souvent que dans l’incestuel il y a effraction du psychisme de l’enfant. Alors que dans l’inceste il s’agit en plus d’une effraction dans le physique. Moi j’avais envie de dire que dans l’incestuel il peut y avoir aussi une effraction dans le physique, sauf que ce n’est pas le parent, le proche qui va toucher l’enfant mais indirectement les conséquences peuvent être dans le physique. Ma SEP (sclérose en plaques) en est un exemple.

 

L’amnésie traumatique

Donc je termine avec cette histoire d’amnésie traumatique. Les personnes qui un jour à peut-être 40 50 ans comprennent qu’elles ont été abusées par leurs parents ou par un proche, un grand-père, un oncle ou un membre de la famille, elles voudraient bien pouvoir porter plainte, mais elles ne peuvent pas parce qu’il y a prescription.

Dans mon cas personnel, ça n’aurait pas pu avoir eu lieu même s’il n’y avait pas de prescription parce que mon grand-père est mort quand j’avais 12 ans, et puis ma mère est morte et mon père a quatre-vingt-douze ans.

 

Désir de comprendre l’incestuel

 

Moi ce n’est même pas la question de faire justice, c’est surtout d’essayer de comprendre comment c’est possible que mes parents aient été incestueux, sans même s’en rendre compte.

Dans mon livre c’est un peu comme si je partais sur une enquête criminelle, un thriller.

A la base, dans l’incestuel il n’y a pas de contact physique avec l’enfant. C’est par exemple comme j’ai dit tout à l’heure mon père qui me demande de lui enregistrer un film pornographique ou bien ma mère qui m’explique comment elle prend son pied.

Ce n’est pas évident, honnêtement. J’’ai pu en parler une fois avec mon petit frère. Je lui ai demandé si c’était bien réel ce qui s’était passé quand on avait 14 ans et moi dix-sept ans.

Ma mère nous apprenait que notre père était cocu et en plus elle nous racontait ses aventures en détails.

Et les soirs où je n’étais pas là, parce que ma mère ne voulait parler qu’entre « hommes » dans la cuisine. Je devais remonter dans ma chambre. Ces soirs-là je me sentais exclue sans savoir pourquoi.

L’incestuel : un inceste non génital

Pour moi ce que notre mère a fait c’est comme un inceste. Mais il n’y a pas eu un inceste génital.

C’est un peu comme si elle nous avait invité dans son lit, en nous parlant de cette histoire extra-conjugale.

Imaginez que je vous dise : « surtout n’imaginez pas un éléphant rose » ! Forcément vous pensez à un éléphant rose.

Quand elle demande à mon frère par exemple : « est-ce que tu penses que papa, il se rend compte quand avant d’aller avec lui j’ai eu un rapport avec mon patron ? ». Ce n’est pas identique à un « viol psychique « ?

Ou bien ce soir où elle nous expliquait (j’étais là !) comment elle était pénétrée par son patron sur la table du bureau et comment elle arrivait à prendre son pied.

Je me dis mais ce n’est pas possible qu’elle n’ait pas eu conscience que ce qu’elle nous disait !?

Même à une copine je ne raconterai pas ça. Alors à des enfants ? Nous étions tous les trois vierges.

Et encore plus quand on sait que c’est l’amant, et après elle comparait notre père à son amant (en dénigrant les capacités de notre père). Vraiment incroyable.

 

État de sidération chronique ?

Un jour je me suis demandé pourquoi je n’avais pas réagi.

Et pourquoi des années plus tard je n’avais pas réussi à répondre à ma mère quand elle m’avait demandé – en pleurs – pourquoi mon jeune frère ne venait pus trop la voir.

Je pensais en moi « tu as oublié ce que tu as fait, ce que tu as dit !? ». Je ne pouvais pas.

Je ne pouvais toujours pas réagir mais de la même manière qu’à l’époque où mes frères non plus n’avaient pas réagis. L’explication tenait à un mot : sidération ! Nous étions tous les trois dans un état de sidération.

Et par la suite, je crois pouvoir dire que vivant avec mes parents je restai dans un état de sidération chronique.

Parce que, lorsque mon père est son grave accident, je suis restée pour aider mes parents. Et j’ai accompagné ma mère jusqu’à la fin, quand elle est tombée malade de la SLA.

 

L’incestuel est bien un équivalent de l’inceste

On dit généralement que dans l’incestuel, il y a une effraction dans le psychisme de l’enfant et que dans l’inceste, c’est effraction du psychisme de l’enfant, mais en plus dans le physique.

Pour ma part, je dis que dans certains cas l’incestuel conduit aussi à une effraction dans le physique.

Ma sclérose en plaques (la fatigue chronique est le 1er signe qui est apparue après le décès de mon grand-père) est bien physique : je ne peux plus marcher.

Mes troubles digestifs et la perte de poids qui en a résulté, mais aussi les douleurs ressenties après chaque repas, à tel point que je pensais à ce qu’on me change mon estomac !

J’ai porté une sonde naso-gastrique durant 5 mois et demi afin de rééduquer mon estomac à pouvoir se remplir d’aliments solides et d’eau en quantités normales ! L’anorexie ou plutôt mes troubles alimentaires, sont arrivés assez rapidement. Il y avait ce qu’on appelle une dyspepsie fonctionnelle, c’est-à-dire des troubles fonctionnels digestifs.

Et un jour j’en avais parlé à mon gastro-entérologue qui m’avait dit que c’était rare qu’on lui fasse de teles révélations. Il m’avait invité à essayer l’EMDR.

Finalement, ce qui m’a le plus aidé c’est le choc de cette anorexie et de cette perte de poids qui m’ont conduit à devoir entrer à l’hôpital en urgence, parce que mon taux de potassium avait chuté.

Lors de mon hospitalisation, je m’étais promise que si je m’en sortais, « plus jamais ça ! »

Je me suis battue pour arriver à reprendre du poids et à maintenir les 20 kilos pris.

 

Mon père avait l’habitude de regarder le corps des femmes de la même manière qu’il avait envie de manger un bon plat du terroir. Un peu comme ce qu’on peut ressentir quand on regarde la Maïté de France 3 déguster un oiseau, dans cette vidéo :

Elle, elle se cachait le visage pour manger, alors que mon père, lui, était fier de montrer son envie de s’empiffrer, jusqu’à se mettre du gras de partout autour du visage. Je ressentais comme une pulsion sexuelle incontrôlable de sa part.

Entre ma mère qui nous avait décrit le s—-e de notre père lui couler entre ses jambes, à l’inverse de celui de son amant qui restait à l’intérieur, et le gras des aliments dégustés devant nos yeux par mon père, il n’était pas étonnant que je développe des TCA dont une anorexie qui durera plus de 30 ans …

 

Quand je voyais mon père regarder le plat de moules qui lui faisait tant envie ou quand il regardait les seins d’une femme à la télé, pour moi c’était un malaise de même nature que je ressentais. Et d’autant plus que ma mère ne réagissait pas en lui expliquant qu’en portant un tel regard sur les attributs d’une femme il en faisait un objet sexuel et non plus une personne.

Je tiens à préciser ne jamais avoir craint que mon père ne me viole, mais j’aurais aimé qu’un adulte lui pose les limites et lui explique que son comportement était un manque de respect pour la femme.

 

Pour mon père tout ça était rigolo. Mais pas pour moi. Et pas non plus pour l’aide de vie dont il avait caressé la poitrine …

 

Je vous invite à regarder mon interview qui va bientôt paraître.

 

N’hésitez pas à commenter si vous avez aussi à partager avec moi une histoire personnelle.

 

 

 

L’incestuel pour vous c’est quoi ?

Merci de m’indiquer des exemples de ce qu’est pour vous « l’incestuel ».

Et dites-moi si cela vous intéresse de faire partager votre témoignage aux lecteurs de mon livre en cours de rédaction qui va porter sur l’incestuel.

Unissons-nous pour faire « péter » le déni et l’impunité des personnes exerçant des violences sexuelles et/ ou psychologiques sur les enfants (parfois même sans en avoir conscience !)

Victimes, ne restez plus dans le silence