L’incestuel est un équivalent de l’inceste !

Dans cette vidéo je vais vous parler de la différence entre l’inceste et l’incestuel.

 

J’ai une sclérose en plaques qui est à relier avec ce passé d’enfant maltraité (l’inceste est une maltraitance !). Je parle d’inceste par mon grand-père et d’incestuel par mes parents (qui n’ont pas eu conscience d’être des parents dysfonctionnels).

Moi, je sors de l’amnésie traumatique depuis une hospitalisation que j’ai eue en hiver 2024.

J’ai été en sous poids pendant des années, pendant 30 ans. J’étais anorexique sans l’admettre, c’est-à-dire que pour moi l’anorexie c’était des jeunes filles qui voulaient perdre du poids. Pour ma part, jamais je n’ai voulu perdre du poids. J’avais des problèmes digestifs qui m’empêchaient de manger à ma faim.

Quand j’ai chopé le covid, j’ai perdu l’odorat et le goût. Du coup, ça a accentué le phénomène et je me suis retrouvée à 36 kilos pour 1 mètre 66. Actuellement, je pèse presque 20 kilos de plus.

 

« L’inceste fait enfin du bruit »

Le livre que je suis en train d’écrire, intitulé « l’inceste fait enfin du bruit », est un témoignage et en même temps il a un effet catharsis pour moi. C’est-à-dire que j’ai envie d’arriver à mettre en mots M0TS ce que j’ai vécu en maux MAUX. Mon propos n’est pas du tout d’accuser les parents.

C’est horrible parce qu’on doit parler en mal entre guillemets de nos parents qu’on a aimé. Je ne pense pas que mes parents étaient méchants, la famille non plus, ils étaient bienveillants à mon égard. C’est comme s’ils m’avaient fait du mal sans le vouloir. J’en parle dans l’interview que j’ai donnée pour la chaîne « histoire et révélation » qui va être publiée en septembre.

 

Prévenir l’incestuel c’est aussi éviter l’inceste

Quand on parle de retirer la prescription pour les crimes sexuels qui concernent l’inceste, moi j’ai envie de vous dire que l’incestuel ne sont pas des actes condamnables actuellement dans le code pénal.

Dans mon livre c’est un peu comme une enquête où j’essaie de comprendre pourquoi ils ont été incestueux.

Je souhaite que l’on comprenne que l’incestuel peut être aussi dramatique si ce n’est plus que l’inceste.

Pouvoir prévenir plutôt que de vouloir mettre les parents en prison.

L’amnésie traumatique.

Moi je pense que moi j’étais consciente qu’il y avait des choses qui n’étaient pas normales dans ma famille, mais tant que je vivais avec ma mère et mon père, je restais sous emprise et dans la banalisation et le silence.

Exemple. Quand mon père arrive et qu’il me dit « Christelle je veux une femme », j’essaye de le prendre à la rigolade en lui disant qu’il a déjà maman ! Et quand il poursuit en me demandant de lui enregistrer un film de Q, j’imagine que ma mère va me répondre quand je lui en parle qu’elle va aller parler à mon père pour ne plus qu’il me dérange sur ce genre de sujet qui ne regarde que mes parents. Mais au lieu de ça, elle me dit mais Christelle tu sais j’ai essayé quand il était encore un peu plus en état, il n’a pu rien faire, donc il n’y a pas de risque. Mais je n’ai pas à savoir. Ce genre de choses c’est de l’incestuel.

 

Je peux comprendre que quand on sort de l’amnésie traumatique on ait envie de pouvoir porter plainte contre son agresseur.

Ce que j’ai compris des informations de la psychiatre Muriel Salmona c’est le pourquoi une victime ne réagit pas, se trouve être dans un état de sidération, quand les violences subies sont violentes.

Imaginer que c’est son père ou sa mère qui nous inceste, c’est déjà une violence en elle-même. Pas besoin d’avoir été pénétré violemment. La violence est aussi beaucoup psychique.

On dit souvent que dans l’incestuel il y a effraction du psychisme de l’enfant. Alors que dans l’inceste il s’agit en plus d’une effraction dans le physique. Moi j’avais envie de dire que dans l’incestuel il peut y avoir aussi une effraction dans le physique, sauf que ce n’est pas le parent, le proche qui va toucher l’enfant mais indirectement les conséquences peuvent être dans le physique. Ma SEP (sclérose en plaques) en est un exemple.

 

L’amnésie traumatique

Donc je termine avec cette histoire d’amnésie traumatique. Les personnes qui un jour à peut-être 40 50 ans comprennent qu’elles ont été abusées par leurs parents ou par un proche, un grand-père, un oncle ou un membre de la famille, elles voudraient bien pouvoir porter plainte, mais elles ne peuvent pas parce qu’il y a prescription.

Dans mon cas personnel, ça n’aurait pas pu avoir eu lieu même s’il n’y avait pas de prescription parce que mon grand-père est mort quand j’avais 12 ans, et puis ma mère est morte et mon père a quatre-vingt-douze ans.

 

Désir de comprendre l’incestuel

 

Moi ce n’est même pas la question de faire justice, c’est surtout d’essayer de comprendre comment c’est possible que mes parents aient été incestueux, sans même s’en rendre compte.

Dans mon livre c’est un peu comme si je partais sur une enquête criminelle, un thriller.

A la base, dans l’incestuel il n’y a pas de contact physique avec l’enfant. C’est par exemple comme j’ai dit tout à l’heure mon père qui me demande de lui enregistrer un film pornographique ou bien ma mère qui m’explique comment elle prend son pied.

Ce n’est pas évident, honnêtement. J’’ai pu en parler une fois avec mon petit frère. Je lui ai demandé si c’était bien réel ce qui s’était passé quand on avait 14 ans et moi dix-sept ans.

Ma mère nous apprenait que notre père était cocu et en plus elle nous racontait ses aventures en détails.

Et les soirs où je n’étais pas là, parce que ma mère ne voulait parler qu’entre « hommes » dans la cuisine. Je devais remonter dans ma chambre. Ces soirs-là je me sentais exclue sans savoir pourquoi.

L’incestuel : un inceste non génital

Pour moi ce que notre mère a fait c’est comme un inceste. Mais il n’y a pas eu un inceste génital.

C’est un peu comme si elle nous avait invité dans son lit, en nous parlant de cette histoire extra-conjugale.

Imaginez que je vous dise : « surtout n’imaginez pas un éléphant rose » ! Forcément vous pensez à un éléphant rose.

Quand elle demande à mon frère par exemple : « est-ce que tu penses que papa, il se rend compte quand avant d’aller avec lui j’ai eu un rapport avec mon patron ? ». Ce n’est pas identique à un « viol psychique « ?

Ou bien ce soir où elle nous expliquait (j’étais là !) comment elle était pénétrée par son patron sur la table du bureau et comment elle arrivait à prendre son pied.

Je me dis mais ce n’est pas possible qu’elle n’ait pas eu conscience que ce qu’elle nous disait !?

Même à une copine je ne raconterai pas ça. Alors à des enfants ? Nous étions tous les trois vierges.

Et encore plus quand on sait que c’est l’amant, et après elle comparait notre père à son amant (en dénigrant les capacités de notre père). Vraiment incroyable.

 

État de sidération chronique ?

Un jour je me suis demandé pourquoi je n’avais pas réagi.

Et pourquoi des années plus tard je n’avais pas réussi à répondre à ma mère quand elle m’avait demandé – en pleurs – pourquoi mon jeune frère ne venait pus trop la voir.

Je pensais en moi « tu as oublié ce que tu as fait, ce que tu as dit !? ». Je ne pouvais pas.

Je ne pouvais toujours pas réagir mais de la même manière qu’à l’époque où mes frères non plus n’avaient pas réagis. L’explication tenait à un mot : sidération ! Nous étions tous les trois dans un état de sidération.

Et par la suite, je crois pouvoir dire que vivant avec mes parents je restai dans un état de sidération chronique.

Parce que, lorsque mon père est son grave accident, je suis restée pour aider mes parents. Et j’ai accompagné ma mère jusqu’à la fin, quand elle est tombée malade de la SLA.

 

L’incestuel est bien un équivalent de l’inceste

On dit généralement que dans l’incestuel, il y a une effraction dans le psychisme de l’enfant et que dans l’inceste, c’est effraction du psychisme de l’enfant, mais en plus dans le physique.

Pour ma part, je dis que dans certains cas l’incestuel conduit aussi à une effraction dans le physique.

Ma sclérose en plaques (la fatigue chronique est le 1er signe qui est apparue après le décès de mon grand-père) est bien physique : je ne peux plus marcher.

Mes troubles digestifs et la perte de poids qui en a résulté, mais aussi les douleurs ressenties après chaque repas, à tel point que je pensais à ce qu’on me change mon estomac !

J’ai porté une sonde naso-gastrique durant 5 mois et demi afin de rééduquer mon estomac à pouvoir se remplir d’aliments solides et d’eau en quantités normales ! L’anorexie ou plutôt mes troubles alimentaires, sont arrivés assez rapidement. Il y avait ce qu’on appelle une dyspepsie fonctionnelle, c’est-à-dire des troubles fonctionnels digestifs.

Et un jour j’en avais parlé à mon gastro-entérologue qui m’avait dit que c’était rare qu’on lui fasse de teles révélations. Il m’avait invité à essayer l’EMDR.

Finalement, ce qui m’a le plus aidé c’est le choc de cette anorexie et de cette perte de poids qui m’ont conduit à devoir entrer à l’hôpital en urgence, parce que mon taux de potassium avait chuté.

Lors de mon hospitalisation, je m’étais promise que si je m’en sortais, « plus jamais ça ! »

Je me suis battue pour arriver à reprendre du poids et à maintenir les 20 kilos pris.

 

Mon père avait l’habitude de regarder le corps des femmes de la même manière qu’il avait envie de manger un bon plat du terroir. Un peu comme ce qu’on peut ressentir quand on regarde la Maïté de France 3 déguster un oiseau, dans cette vidéo :

Elle, elle se cachait le visage pour manger, alors que mon père, lui, était fier de montrer son envie de s’empiffrer, jusqu’à se mettre du gras de partout autour du visage. Je ressentais comme une pulsion sexuelle incontrôlable de sa part.

Entre ma mère qui nous avait décrit le s—-e de notre père lui couler entre ses jambes, à l’inverse de celui de son amant qui restait à l’intérieur, et le gras des aliments dégustés devant nos yeux par mon père, il n’était pas étonnant que je développe des TCA dont une anorexie qui durera plus de 30 ans …

 

Quand je voyais mon père regarder le plat de moules qui lui faisait tant envie ou quand il regardait les seins d’une femme à la télé, pour moi c’était un malaise de même nature que je ressentais. Et d’autant plus que ma mère ne réagissait pas en lui expliquant qu’en portant un tel regard sur les attributs d’une femme il en faisait un objet sexuel et non plus une personne.

Je tiens à préciser ne jamais avoir craint que mon père ne me viole, mais j’aurais aimé qu’un adulte lui pose les limites et lui explique que son comportement était un manque de respect pour la femme.

 

Pour mon père tout ça était rigolo. Mais pas pour moi. Et pas non plus pour l’aide de vie dont il avait caressé la poitrine …

 

Je vous invite à regarder mon interview qui va bientôt paraître.

 

N’hésitez pas à commenter si vous avez aussi à partager avec moi une histoire personnelle.

 

 

 

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